Au suivant a inspiré un pastiche à François Bataillard, auteur de poésie depuis une trentaine d’années. Cette chanson l’a fait penser à ceux qui « suivent » sur les réseaux sociaux.
Au suivant
Occlus dans un pseudo qui me servait de masque,
J’avais le rouge au front et un portable à la main…
Au suivant ! Au suivant !
J’avais bien soixante ans et nous étions si loin,
A être moins vivants que celui qu’on suivait
Au suivant ! Au suivant !
J’avais bien soixante ans et je me déniaisais
Aux réseaux anémiants déguisés en compagne
Au suivant ! Au suivant !
Moi j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse
Ou alors un sourire ou bien avoir le temps
Mais, au suivant ! Au suivant !
Ce ne fut pas Waterloo, non, non mais ce ne fut pas Arcole
Ce fut l’heure où l’on regrette d’avoir blâmé l’école
Au suivant ! Au suivant !
Mais je jure que de suivre des énervés en liesse
C’est des coups à vous faire des armées de servants
Au suivant ! Au suivant !
Je jure sur la tête de ma première console
Que cette voix depuis je l’entends tout le temps
Au suivant ! Au suivant !
Cette voix de ferraille et de porte-parole
C’est la voix des moutons et c’est la voix du sang
Au suivant ! Au suivant !
Et depuis cette came à l’heure de raccrocher
Entre mes doigts trop faibles semble me murmurer
Au suivant ! Au suivant !
Tous les suivants du monde devraient se donner la main,
Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire
Au suivant ! Au suivant !
Et quand je ne délire pas j’en arrive à me dire
Qu’il est plus humiliant d’être suivi que suivant
Au suivant ! Au suivant !
Un jour je me ferai poète ou peintre, ou bien statue,
Enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus
Le suivant, le suivant !










