JEF 

Octobre 2022

Partir où personne ne part[1]

En février 1953, mon père enregistre deux chansons sur son premier disque, La Foire et Il y a dans les nouveaux studios Philips récemment installés à Bruxelles.

En février 2023, soit 70 ans plus tard, j’embarquerai sur l’Aranui 5 qui reliera Tahiti à l’Archipel des Marquises. D’escale en escale j’évoquerai d’autres titres du chanteur qui ne recherchait ni notoriété ni succès mais espérait une vie d’aventures et de découvertes.

Ses héros d’adolescent ne furent pas uniquement baladins mais souvent d’éternels voyageurs au cœur pétri de courage, s’en allant toujours plus loin, parcourant le monde, en 80 jours ou plus, sillonnant les mers ou transperçant les nuages dans de modestes carlingues.

Retrouver l’océan, son sel et ses embruns, se fondre sous le ciel comme un point qui disparait sur l’horizon, oublier le temps, s’en inventer d’autres pour y  trouver l’essentiel, suivre la cadence des flots, écouter les murmures du vent et respirer la liberté voilà les instants complices qui, dans le secret des silences, me rappelleront mon père.  

Au terme de son voyage parmi nous, comme au temps de l’adolescence quand il observait longuement les étoiles sur un toit plat de sa maison familiale, il rêvait déjà de partir... où personne ne part.      

J’irai dans une étoile d’où je verrai briller la nuit[2].

Plus d’informations sur le voyage « La Polynésie de tous les rêves »

 
 
 Partir ou personne ne part... 
 
 
 
 
 
 
 
 

Prochaines dates 

• Mardi 4 octobre de 19h à 22h au cinéma Wellington à Waterloo (BE) 
• Dimanche 23 octobre sur Europe 1, dans la Matinale : Entretien “Une date une histoire”

 
 
 
 
 

Echos du livre « Jacky »

« L’ouvrage est superbe. Reliure, qualité du papier, mise en page, richesse de l’illustration, rien ne laisse à désirer. Beau livre, beau travail d’édition. Une belle ouvrage à laquelle votre plume a contribuée. » Robert

« Superbe ! Ce livre est une véritable encyclopédie sur l’enfance de Jacques. Vivement la suite. » Caroline

« Enfin les bonnes infos avec les bonnes dates ! À conseiller vivement aux inconditionnels du Grand Jacques ! » Lisbeth

« L'ouvrage est d'une grande richesse et il est heureux que tant de documents familiaux et personnels (textes et photos) aient été conservés pour la postérité. La mise en page, claire, aérée et presque en relief en raison des différentes couleurs et typographies utilisées, rend la lecture particulièrement agréable. Félicitations à France et aux équipes qui ont travaillé  à réaliser cette somme qui, lorsqu'on l'a terminée, donne envie de se replonger dans "Jacques Brel - Auteur", publié en 2018, en attendant la suite de ce monumental "Jacky". Mille mercis pour cette lecture passionnante. » Yves

 
 
 
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• Mardi 1er novembre à 11h : film Les Adieux à l’Olympia 
• Mardi 1er novembre 2022 à 14h : film J’arrive 
• Jeudi 29 décembre 2022 à 14h : film Les Adieux à l’Olympia 
• Vendredi 30 décembre 2022 à 11h : film J’arrive 

 
 
 
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Extrait du tome II en préparation

Pourquoi suis-je né ?[1]

 

Le vendredi 16 mai 1947, Jacky est aussi nerveux et impatient que ses camarades Jean Meerts et Robert Seguin. C’est d’un bon pas que le trio se rend à l’imprimerie de la rue Stout à Anderlecht. Les amis viennent  y chercher la concrétisation de leur rêve de l’été dernier. Non sans fierté ils découvrent les quatre feuillets imprimés de leur petit journal de quartier, Le Grand Feu.

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Description générée automatiquementC’était un petit journal de jeunes qui, un beau jour, se mettent  autour d’une table et l’un écrit un poème et est tout content de trouver un morceau de papier sur lequel il le publiait. Il en était fier pendant des mois.[2]

Avec émotion Jacky admire les textes imprimés et la mise en page de sa nouvelle Frédéric[3], signée Raoul de Signac, reproduite sur trois colonnes.  
À voir ainsi publier son souvenir d’enfance, une étrange impression le traverse.
Le passé est soudainement venu se coller au présent à travers cette publication.  Dans son récit Jacky a utilisé à nouveau, les vagues et les dunes, tout comme dans son texte La Mer, rédigé en classe et confisqué par son professeur de mathématiques en 1941.°°°
Aujourd’hui, il n’est plus question de la moindre confiscation. Devant son texte publié il éprouve même une petite sensation de revanche, comme un pied de nez à sa manière adressé à tous ceux qui, en décembre dernier, ont estimé qu’il n’était plus souhaité parmi les élèves de l’Institut Saint-Louis.

Quelques jours plus tard les températures grimpent soudainement sur toute la Belgique et certains soirs le temps tourne à l’orage. Troublé par la violence de l’un d’eux mon père décide de décrire la succession de ses émotions, peut-être pour mieux les conjurer.

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Description générée automatiquementJ’ai peur de la pluie
J’ai peur du vent
J’ai peur de la vie
J’ai peur, oh, maman[4]

À travers ce nouveau récit Jacky entraine son futur lecteur au pays des inquiétudes, du vide, du néant, des craintes, de la solitude et de la mort. Dès les premières lignes il glisse une allusion à sa passion pour la musique, la comparant à la puissance du tonnerre qui se manifeste généreusement.
Il se sent seul et cette solitude devient l’épicentre de ses sentiments oppressants. Il écrit ce voyage intérieur à la première personne, au cœur de ses peurs, et l’idée lui vient de publier ce texte dans le prochain numéro du Grand Feu à paraitre en juin.

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Description générée automatiquementIl tonne.
Rien n’est plus beau que le roulement du tonnerre. Aucune musique ne dégage une pareille impression de puissance. J’aime l’orage. Mais pas quand je suis seul. Comme ce soir.
Je n’ai pas peur, non. Mais chaque coup résonne en moi comme un gong creux. Sensation pénible.
Au début, passe encore. Mais plus la nature fait du bruit, plus je me sens vide. Cette impression de néant s’étend progressivement à tout ce qui m’entoure. Pourquoi suis-je né ? Qu’ai-je fait pour les autres, qu’a-t-on fait pour moi ? Je suis seul. Tout seul[5].
…Mais ai-je rêvé. Un chat a miaulé. Enfin. Un vivant. Je le vois maintenant, tache sombre dans le noir.[6]

S’agit-il du chat mentionné dans son Journal de Famille tenu en avril 1941 et qui refusait systématiquement de rentrer ? Quoi qu’il en soit, en ce soir d’orage le quadrupède apparait sous d’autres dispositions et plus attentionné.

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Description générée automatiquement…Comme il est beau le chat. Il s’approche lentement. Tous ses mouvements ont la grâce d’une jeune fille. Et il vient toujours vers moi. Il est surement brun. J’aime tant cette couleur.

La grâce et la couleur du pelage de l’animal éveillent le doux souvenir de la bien-aimée, la beauté de la chevelure de Suzanne à qui il écrivait récemment  ce vers :

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Description générée automatiquementDe bruns cheveux qu’aimait baiser
l’homme qui fuit[7]

L’orage s’éloignant, le héros du récit dépose encore en son cœur quelques pensées d’amour, sans doute prononcées par Hector au cours de conversations, pour l’aider à mieux recouvrir ses sentiments d’abandon et ses interrogations.

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Description générée automatiquementJe comprends maintenant : nous sommes nés, nous vivons pour aimer. C’est notre raison d’être, l’amour. Il faut adorer tout ce qui nous entoure, embrasser tout ce qu’on rencontre.
…Mon Dieu, petit chat, que j’aime t’aimer.
…M’aime-t-il lui, l’animal ? Quelqu’un peut-il m’aimer ? Et aussitôt l’angoisse monte en moi, tenace, sensation indéfinissable. S’il ne m’adorait pas lui ? Si personne ne m’aimait ?

Cette question et son cortège d’angoisse semble s’imposer dans les pensées de mon père à la veille de son départ pour Turnhout, petite ville de la province d’Anvers.


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Chaque mois, la Fondation Brel vous propose un extrait d’un des nombreux témoignages du film "J’arrive".

Ce mois-ci, Raymond Errera

 
 
 Raymond Errera (extrait du film J'ARRIVE) 
 
 
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Livre dor de nos activités

« Très belle visite ! Beaucoup de choix, de découvertes sur le chanteur. Nous avons adoré le jukebox ! » Exposition.

« Merci pour ce moment magique où nous nous sommes envolés avec et dans la cathédrale. » Cécile et Vincent, promenade.

« Admirable parcours plein de poésie mais aussi de découvertes ! » Isa et Jean-Luc, promenade.

« Merci pour l’exposition qui nous a fait découvrir d’autres pans de la vie de ce grand homme. C’est très riche et bien conçu. Je reviendrai volontiers à l’occasion brusseler à Bruxelles comme disait Brel pour compléter cette charmante visite. Merci. » Sonia, exposition.

« Bruxelles, c’est Brel, Brel c’est la Belgique. Le coeur, l’amour, l’aventure : un homme essentiel. Merci pour cette fondation et tout ce qu’elle nous fait découvrir encore et encore sur ce grand personnage. » Véronique, exposition

Découvrir un extrait d’un des courts-métrages de l’exposition : 
« Rosa, rosa, rosam » - Le temps du collège : 
Jacques Brel se souvient du gris du ciel de Bruxelles, du tram qui le mène au collège et de ces adultes qui l’entourent et qu’il ne comprend pas. 

 
 
 Extrait du court-métrage n°3 
 
 
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Désormais disponibles dans notre boutique, les rééditions en vinyle des disques originaux. Son remasterisé, pochette originale, tirage limité et numéroté (de 1 à 10). 

 
 
 
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Pendant ce mois de septembre, les oeuvres de Jacques Brel ont inspiré… 

Ne me quitte pas

Interprété par le Quatuor de flûtes Latitudes (Fabienne Azéma, Guy Bardot, Pascale Mary et Leslie Richmond, accompagnés parfois par le pianiste Christian Vangeluwe)

Ne me quitte pas

Dans un court-métrage étudiant américain « A forced gift », de Natasa Lanieri. Synopsis : Déçu, Alex entre dans la salle exécutive avec des fournitures immobilières pour discuter de son succès. Cependant, il doit d'abord arracher des larmes. Dans son adorable sac apparaît un cadeau précieux. Pris au piège, il se parle tout seul, en restant calme. Mais les pensées effrayantes le poussent à ne faire confiance à personne. Il souffre des paroles qu'il reçoit des autres et veut confronter ceux qui ne l'aiment pas. 

Les Marquises

Dans une nouvelle oeuvre par Nicolas Upraity.

La Quête

Dans le cadre de la saison 11 de l’émission « Un Chef à la Cabane ».  Synopsis : Depuis 11 ans, le chef Martin Picard et son équipe vous accueillent dans leur univers, celui de la Cabane à Sucre Au pied de cochon. En constante évolution, l'érablière comprend la table champêtre de la Cabane d'à Côté, un verger, une cidrerie, une auberge et un total de 10 000 entailles. Au-delà de la saison des sucres, le spectacle nous plonge dans les nombreux événements qui ponctuent la vie de la cabane au cours de l'année. Cette saison vous fera découvrir ou redécouvrir la vie de la cabane et l'étonnant laboratoire qu'est devenue son érablière. Participez aux expériences d'une équipe désireuse de maximiser l'expérience gastronomique à la cabane. Une façon de mettre à l'honneur les produits de l'érable en s'ancrant de façon moderne et créative à la vision de Martin Picard.

La Chanson des vieux amants

Interprétée par la chanteuse Giada Valenti.

Les Vieux et Ne me quitte pas

Reproduction d’extraits des deux chansons dans le livre « Guide littéraire, 5ème édition » de Carole Pilote.

 
 
 
 
  
 
 
 
 

             

 
 
 

© Fondation Jacques Brel d’utilité publique 2018.

 
 
 
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