
Franchÿ Corda
City
Décelant non sans plaisir une flamme
d’indépendance passionnée à travers les comportements de mon père, Hector reste
toutefois attentif à ses agissements et réactions. Conscient de sa propension à
fustiger rapidement les convenances il n’est pas rare que l’adulte le sermonne
gentiment sur ces excès, commençant alors souvent ses propos par la
formule : Mon
ami, qui croit que tout doit changer…
Aujourd’hui, Hector remet l’église au
milieu du village (remet les pendules à l’heure) et rappelle
fermement à mon père qu’il s’est engagé, avec Jacques Zwick, à prendre en
charge l’organisation du camp d’été des garçons de la Franche Cordée en août
prochain. Il précise que cet engagement est sérieux, lui notifiant que
Jean-Marie Lahaye, l’un des aînés qui avait, lors de son arrivée, répondu
aimablement aux nombreuses questions de Jacky sur la création du mouvement de
jeunesse attend toujours, et comme promis par mon père, « un
papier », une confirmation écrite, sérieuse et formelle à ce sujet.
Le mardi 24 juin, obtempérant à la
demande d’Hector, de Turnhout, mon père s’empresse d’envoyer sa lettre de
confirmation à Jean-Marie Lahaye. Le style humoristique, légèrement
irrévérencieux témoigne clairement de sa difficulté à se prendre au sérieux, à
se soumettre à trop d’administration et de convenance et de persister à faire
les choses à sa manière.
Turnhout le 24
juin 1947
Cher André,
Voici
le « papier » demandé :
Le
Comité de la flemme, sous la haute direction de Jacques Zwick, communique ce
qui suit.
À
la suite d’élucubration alcooliques, nous avons décidé de nous occuper du camp
de F.C. pour les membres masculins.
Ce
camp aura lieu du 1er au 15 août à Bonnine (lez M. les D.).
« Franchÿ
Corda City », ville de 7 mètres de long et de 3 mètres de large a été
spécialement construite pour les rhumatismeux.
Un
départ en camion est prévu pour le samedi 2 août, rendez-vous 2h place Simonis…
Salutations
F.C.
P.S.
Théâtre et musique S.V.P. merci !
Dans la lignée des joyeux feux de camp qu’il animait chez les scouts avec son ami Robert Kaufmann, Jacky termine son courrier par sa formule : Théâtre et musique S.V.P. merci !